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 SIRI ; the sheperd

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Date d'inscription : 14/01/2017

MessageSujet: SIRI ; the sheperd   Sam 14 Jan - 7:38

siri freknur
❝citation citation citation ❞


âge : 41 ans. ✥ groupe : bleu-vert.



scandinavie, entre deux


état civil : seule.
profession : bergère du bout du monde.
particularités physiques : rousse, peau laiteuse, couverte de multiples peaux travaillées, option mine butée.
caractère : solitaire, franche, honnête, téméraire, entêtée, chaleureuse, entière.

« Qu’est-ce qu’il s’est passé, cette fois ? » « Oh, trois fois rien. Tu connais Ingvar. » « Je te connais surtout toi. Qu’est-ce que tu lui reproches cette fois ? De voir une autre femme ? De ne pas te porter assez d’attention ? » « Il est parti en raid sans me prendre avec lui. » « Bodil. » Devant son ton lourd de réprimande, la jeune femme sourit à son lointain cousin ; elle sait que c’est la saison des raids, elle sait que son mari est capitaine de langskip, mais elle sait aussi qu’elle est une de ses meilleurs shieldmaiden et que dans quelques semaines, elle va donner naissance à leur premier enfant. Elle passe une main sur son ventre rond. « Laisse-moi rester ici pendant quelques temps, Raudi. » « Toi et Ingvar, vous êtes pires que des gamins. C’est déjà la deuxième fois que tu viens te réfugier ici cette saison. » « Tu ne vas tout de même pas chasser une Freknur hors de chez toi ? » « Même si je le voulais, j’en serais incapable. »

Ylir, 1257

« C’est ridicule ! Tu ne vas quand même pas rester ici pour le restant de tes jours ? » « Et pourquoi pas ? » « Ta place est au Groenland, sur nos terres, pas dans ce château sordide ! » « Ma place est auprès de ma fille ! De notre fille ! » « Et de ton mari ! Ca fait bientôt six mois, par tous les mages ! » « Ça n’avait pas l’air de te déranger plus que ça quand tu étais sur ton knörr ! Je parie que la compagnie d’Ingeborg a été plutôt agréable ? Cette sale garce ! » « Tu te fais des idées ! Bodil ! » Elle claque la porte au nez d’Ingvar qui, de rage, y assène un grand coup. « Laisse-moi au moins voir la petite ! » « Non ! Je l’élèverai seule ! » « Ne dis pas d’idioties ! » « Elle n’a pas besoin de père ! Que Hel t’emporte, bon à rien de Freknur ! » | « Qu’est-ce qu’il se passe là-haut ? » « Pas grand-chose, Ingvar est de retour. » « Tu crois qu’il va arriver à les ramener ? » « Je suis même pas sûre qu’il arrive à voir sa fille aujourd’hui. » « C’est vrai que ça a l’air mal barré. » « Entre eux ça a toujours l’air mal barré, c’est comme ça qu’ils fonctionnent. »

Aube de sumar, 1259

« On la voit plus dans les parages, Bodil Freknur. » « Repartie. » « Dans les Îles Glacées ? » « Sur le knörr de son mari. » « Encore ? Et la gosse ? » « A ton avis ? » « Bon sang, les Raudi doivent l’avoir de travers. » « Tu rigoles ? Ils sont ravis d’avoir une bouche de plus à nourrir. » « C’est à force de prendre des coups, ça, ils ont tourné fêlés. » « C’est surtout qu’ils sont très famille. Elle, c’est même pas une vraie Freknur, à l’origine. »

Cœur de vetr, 1267

« Hey regarde, regarde ! » « Qu’est-ce que tu fiches ? » « Je ressemble à qui comme ça ? » Le gamin a retiré la manche de son haut et s’est coincé le bras dans le tronc de son vêtement en riant. L’autre pouffe derrière sa main en reconnaissant l’imitation grossière d’Ingvar Freknur. « Par le marteau de Thor ! Il te manque plus que la barbe ! » « AÏE ! » « JE VAIS TE TUER ! JE VAIS VOUS TUER TOUS LES DEUX ! » « AÏE, AÏE ! » « MAMANNNN ! » Les deux gosses rampent et Siri les achève d’un coup dans le ventre ; un pour l’imitateur manqué, et l’autre pour son spectateur. « La prochaine fois que vous vous moquez de mon père, je vous arrache les DEUX BRAS ! » « SIRI ! » « LES DEUX BRAS, VOUS AVEZ COMPRIS ? » « SIRI QU’EST-CE QUE TU FAIS ? » Sa mère accourt et l’attrape par les épaules pour l’arracher aux gamins qui braillent. « Ils se moquaient de Papa. » Les mères des deux affreux ont été alertées par les cris ; sans plus réfléchir, Bodil entraîne Siri par le bras pour lui éviter les ennuis. Cinq ans qu’Ingvar a un bras en moins, cinq ans que sa propre fille défend l’honneur du patriarche dont l’infortune les a ramenées à lui. « Au moins, il n’y a pas que des inconvénients. », a-t-il fait lorsqu’il les a vues revenir, encore cloué au  lit. Aujourd’hui, il a repris ses raids et a même rebaptisé son knörr Le Manchot de l’Aurore. « Frappe-les un grand coup. » « Quoi ? » « Quand on t’embête, frappe droit dans le nez, comme ça. Ou décoche un coup sec dans le tibia, si on te tient les mains. » « Tu pourras m’apprendre avec les armes aussi ? » « Si tu veux ma fille, si tu veux. »

Gormánuður, 1272

« Psst, t’as vu Freknur ? » « Non, qu’est-ce qu’elle a ? » « Elle se promène dans le parc avec une créature qu’elle a trouvé dans le labyrinthe. » « Quoi ? Un fléreur ? » « Ouais, c’est ça ! » « Ca m’étonne même pas. Elle jure que par les bestioles celle-là. Elle raconte qu’elle veut élever ses propres bêtes, plus tard. » « Je croyais qu’elle voulait monter sur le knörr de son père ? » « Tu rigoles ? La première fois qu’elle a mis le pied sur un knörr, c’était pour venir à Dürmstrang. Et puis c’est pas ses capacités en cours qui vont lui permettre bien plus. »


Vetr, 1280

« Regarde-moi Järnsida. Celui-là a l’air aussi fêlé que les autres. » Le ton badin de son père ne parvient pas à la détacher de ce grand échalas qui sourit comme un benêt, de l’autre côté de la pièce. La musique couvre la conversation qu’il entretient avec ses compatriotes, mais elle l’imagine sans peine. Des créatures fantastiques, des lycanthropes, leur dernière chasse et la croupe de la serveuse qui leur passe sous le nez depuis tout à l’heure. Siri boit une gorgée de son hydromel ; elle a encore à l’esprit le Sverre Järnsida pétochard, excessivement bavard et maigre comme un clou de Dürmstrang. Il n’a pas vraiment changé, à vrai dire ; elle le voit se lever et cancaner en partant d’un rire grave, qui trouve écho parmi la tablée, et elle le replace dans la grande salle de l’école, à rire à gorge déployée, et puis tout d’un coup sérieux, en train de s’arracher les cheveux sur un devoir de sortilèges. « Pas plus fêlé que toi et Maman. » « Ecoute-la, la bergère ! Ce n’est pas parce que tu veux passer ta vie sur terre que tu es forcément plus saine ! On va se demander ce que tu fiches, toute seule avec tes moutons. » « Papa ! » « A moins que tu te sois entichée d’un sang impur ? Ça serait bien ma veine ! », ajoute-t-il avec la même lueur de malice au fond des yeux, rond comme une queue de pelle. Ingvar a été le premier à reconsidérer le statut du sang, en refusant d’abord de se servir d’esclaves ; une longue tradition de sceptiques discrètement transmise par les Freknur. Siri a rompu l’accord tacite en accueillant ouvertement les sang-mêlés sous son toit, consciente de tous les risques que cet acte répréhensible contient. « Tu ferais moins le malin si je te ramenais un fils de braell. » « Tu arriverais à me convaincre de te laisser l’épouser. » Sa fille esquisse un sourire et en détournant la tête, elle croise le regard de Sverre qui l’observe. « Et Daven Vondr ? Au moins, tu aurais un vrai bâton pour aller garder tes bêtes. » « Papa. »

« Qu’est-ce que Sverre Järnsida fiche avec Siri Freknur ? » « C’est si étonnant que ça ? Ils étaient ensemble, à Dürmstrang. » « Pas dans la même année, et c’est la première fois que je les vois discuter aussi longuement. » « Ils font bien ce qu’ils veulent, non ? T’en pinces pour lui, soeurette ? » « N’importe quoi ! Tout le monde sait qu’il fréquente déjà une Lärson, elle ferait mieux de se méfier. » « C’est plutôt l’autre, qui devrait se méfier. Il ne lui a pas promis le mariage, il fait encore ce qu’il veut ! » « Quand bien même il lui préfèrerait la bergère, il partira bientôt chasser le lycanthrope. » « Je crois que lui, c’est d’autres  bébêtes qui l’intéressent. »

Þorri, 1283

« Où est-ce que tu cours ? » « Le knörr des Järnsida vient d’amarrer ! » Sa mère perd rapidement de vue les boucles couleur feu de sa fille ; cette dernière se précipite à travers les souterrains et bouscule des sorciers moins empressés qu’elle, sans même ressentir un brin de culpabilité. Si elle pouvait arriver plus vite, elle les écraserait de son talon sans même sourciller. Des mois d’attente, des dizaines de corbeau échangés, jusqu’au cœur du Wends, et la promesse d’un retour qu’elle s’est surprise à attendre avec une impatience d’enfant. En voyant apparaître les quais, Siri sent son cœur tambouriner de joie. Elle court encore plusieurs dizaines de mètres, et manque de trébucher en stoppant sa course effrénée. « Siri ! » La voix de stentor, qui contraste avec le physique filiforme du Viking, trouve immédiatement résonance en elle ; elle se précipite à la rencontre de Sverre et lui colle une droite en plein ventre. « Espèce de sale crétin ! Tu devais arriver il y a deux jours ! » « Il y a eu une tempête ! » « Tu crois que j'en ai quelque chose à faire ? », réplique-t-elle en imitant sans le savoir le modèle parental et les disputes anodines. Il se redresse en toussant et elle accroche son regard glacier. « J’ai fait tout ce chemin pour que tu m’engueules ? » « Salut Siri ! » Les cousins descendent du knörr et adressent un sourire éloquent à l’improbable duo qui se cherche depuis maintenant plus de trois ans, rituel entrecoupé des absences de Järnsida et des voyages, plus rares, de Freknur. « T’étais quand même plus douce dans tes corbeaux. T’es si contente de me voir que t’en deviens infernale ? » Il lui sourit d’un air de crétin, sans se plaindre davantage du vilain coup qu’elle lui a décoché dans l’estomac. Elle remarque les bleus et le sang séché sur ses vêtements. « Et toi, tu m’expliques ton état ? Tu t’es battu avec une armée ? » « On a eu quelques accrochages avec les locaux. Comment va Garth ? » « Tu le fais exprès pour que je te dorlote. » « Peut-être bien. »

1285

« Tu ne vas tout de même pas épouser un Järnsida ? » « Je n’épouse pas un Järnsida. J’épouse Sverre. Et puis quelle importance ? Je ne porte le nom de personne. » « Tu es une Freknur, tu as des terres, tu as derrière toi les Raudi. » « Et toi, tu es complètement bouchée. Tu as été élevée chez les Öfugr pour être aussi tranchée ? » « Tout ce que je dis, c’est que tu mérites mieux. » « Et toi, tu mérites ma main dans la figure. » Siri serre le poing comme sa mère lui a appris, des années auparavant. Elle a en face d’elle une amie de longue date, mais elle se rend compte qu’elles n’ont plus grand-chose en commun depuis le mariage de cette dernière. Et si elle lui parlait de la gamine abandonnée qu’elle a trouvé quelques mois plus tôt au fin fond du Jutland ? Des efforts qu’elle a déployé pour l’apprivoiser, puis, devant sa curiosité, de lui inculquer son savoir ? Non seulement lui rend-elle régulièrement visite, mais elle est en train d’instruire une sang impure. Elle s’imagine la tête que ferait Ida, si elle lui décrivait l’état miteux de la cabane, le mutisme de Silke dont elle n’a appris le nom que récemment, la balafre qui lui barre la joue et les précieuses connaissances qu’elle lui insuffle. Oh, et si elle lui disait cette connexion étrange qu’elle semble partager avec la nature ? Ida la voit la transpercer du regard et fronce les sourcils. « Pas la peine de me fixer comme ça. Tu sais très bien que tu fais ce que tu veux, de toute façon. »

Quand Siri voit la mine sombre du chef de l’expédition, elle comprend avant même de demander. Il s’avance vers elle, les prunelles luisant d’une culpabilité qui lui fend l’âme en deux. « Je suis désolé. » Elle donne un brusque coup d’épaule pour se dégager de sa main compatissante et s’avance vers le knörr que l’on décharge.
Les marchandises s’entassent sur le quai. Ils n’ont même pas de dépouille à lui ramener.
« Siri, je suis désolé. », répète-t-il en l’approchant à nouveau, la voix déchirée par la tristesse, mais elle se mure dans le silence. Elle revoit encore Sverre lui assurer avec un rire qu’il rentrera sain et sauf et que, dès son retour, ils se marieront sous une pluie d’écailles de dragon. Elle a bien essayé de le retenir, gravé des runes de protection sur chacune de ses armes, bourré ses poches d’amulettes, manqué de lui graver Thurisaz sur le cœur, mais ses efforts lui apparaissent ridicules face à la mort. Elle aurait dû lui casser une jambe quand il lui a annoncé l’expédition au fin fond du Sviar. « Voir les dragons ? » « Tu sais que j’en rêve. » « C’est un rêve dont tu ne reviendrais pas vivant. » Comment a-t-elle pu être aussi stupide ? Sans un mot, sans un regard pour le dernier rescapé, elle se détourne et s’enfonce dans la masse grouillante de Skuli. Cette dernière l’enveloppe et l’avale tout rond.

Ylir, 1295

Dans la plaine, Siri écoute les runes chanter. Le vent lui porte leurs voix, et, emmitouflée dans des peaux de moutons, son regard porte jusqu'à la grange où bêlent les siens. Elle ouvre la porte de chez elle, et retrouve l'intérieur chauffé par un feu de bois qui crépite de joie en la voyant entrer. Dans un soupir qui trahit la fatigue du jour, elle se débarrasse de sa cape, et s'assoit à la table en bois rustique, attrape d'une main le parchemin, de l'autre l'encre et la plume. Elle a trois corbeaux à envoyer : Leif, Garth, Silke. Le premier lui cause du souci en clouant son coeur de poète sur le knörr de son cousin, le second en reprenant le flambeau de leur père, sous les ordres de Dagmar Raudi -ce gougnafier de Raudi qui a manqué de lui faire perdre l'usage de son bras et ainsi compléter la ressemblance avec Ingvar Freknur-, la troisième en se contentant de respirer : au fin fond du Jutland, elle craint les sang purs revanchards et les vikings sans vergogne. Elle commence à écrire. Longtemps, les échanges épistolaires lui ont fait penser à Sverre et lui ont brisé le coeur ; mais aujourd'hui, elle y a solidement enfermé sa peine et croit ne plus penser à la blessure que l'inconscient lui a laissée.

Ce crétin lui manque quand même. Mais ça, elle n'en parle évidemment jamais.

(à condenser)

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