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 MATTHIEU ; country roads

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Matthieu Vouliot
Matthieu Vouliot

Messages : 3
Date d'inscription : 07/02/2020

MessageSujet: MATTHIEU ; country roads   MATTHIEU ; country roads EmptyVen 7 Fév - 21:29

matthieu vouliot
❝d'amour et d'eau fraîche, qu'y disaient ❞


âge : 35 ans. ✥ groupe : on shifting sands.



paris, 2015


MATTHIEU ; country roads Tumblr11
état civil : casé depuis l'adolescence, ou presque.
profession : fleuriste.
particularités physiques : rarement coiffé, encore moins rasé, vêtements qui auraient été passés de mode si le hipster n'avait pas repris la tendance pull en laine et vieilles chemises.
caractère : grognon, bourru, peu avenant, entêté, brave, loyal, désabusé, casanier, nostalgique.

Le fils Vouliot aurait vu le jour début du vingtième qu’il n’y aurait pas eu de grande différence : il aurait toujours été un gamin des montagnes, né sur le versant le plus ensoleillé d’une enclave alpine, et usé des mêmes expressions patoises, dégoisées avec cet accent de Suisse que l’étranger ignare lui impute sans faille –mais lui, c’est un Haut-Savoyard, un vrai, qui a poussé sur l'inconnu Petit Bornand et qui grince des dents lorsqu’il entend « Chamonikse » dans les bouches des occupants des chambres d’hôte tenues par sa mère. Un siècle avant, il aurait toujours été le fils de Fanfan Vouliot, brave garçon de ferme qui dès l’enfance se découvre un amour pour les vaches, et le fromage, et les travaux ingrats dès cinq heures du matin. Il ne se pose même pas la question de l’avenir : il sera paysan, comme son père, et son grand-père avant lui, et va même feindre régulièrement des maux de ventre pour rentrer plus tôt de l’école et aider aux champs, jusqu’au lycée agricole où il s’épanouit comme une Edelweiss en plein pâturage. Avant la première guerre, il n’aurait par contre plus pu relater les exploits de l’arrière-pépé au plateau des Glières sur un ton de militant prêt à monter au créneau (c’est qu’en plus, il a beau être un cancre renommé, il connaît l’histoire des environs sur le bout des doigts), et se serait probablement contenté d’être un grognon avéré, âne bâté marmonnant dans sa barbe d’ours des insanités envers ce monde trop ingrat envers lui.

Car si Matthieu ne s’acclimate pas à l’urbanité de Paris qu’il habite depuis deux ans maintenant, il se fond, en bon râleur, dans son maussade et ses gémissements plaintifs. Trop cher, trop sale, trop noir, trop bruyant, trop pollué, trop dangereux, trop gris, trop pluvieux, trop chaud, trop froid, trop désagréable, trop moche, trop décrépi, trop pressé, trop lent, trop compliqué, trop peuplé ; absolument tout est prétexte à l’agacement, et il ne manque pas de maudire aussi les rats vêtus de noir qui hantent la ville. Est-ce qu’en mille neuf cent et quelques, il aurait été aussi contrarié par la capitale ? Il n’y a qu’une seule chose qui le retient de prendre le premier train pour ses montagnes, cette même chose qui est parvenue à l’en sortir en lui demandant le plus grand sacrifice de sa vie et, même s’il ne l’avouera jamais, cette chose pour qui il est au final bien heureux de vivre un siècle trop tard : cette chose, c’est sa copine. Réunis depuis deux ans, ensemble depuis huit, béguin depuis plus de dix, connaissances depuis l’époque des couches culottes ; un joli palmarès qui aurait pu être bien différent si Matthieu s’était accroché jusqu’au bout à ses rêves de môme et poursuivi son occupation de fermier, en envoyant paître leur relation de toujours pour se dégoter une copine du coin, qui elle, au moins, ne le grifferait pas avec ses breloques aux doigts et ne traînerait pas dans des bars-lounges peuplés de BCBG à l’heure où Julien Leperce s’égosille sur la troisième chaîne. Même si elle, au moins, supporte cet amour inconditionnel, et incompréhensible, pour Questions pour un champion et tous ces trucs de vieux (en comptant les pulls criards que lui tricote sa grand-mère et auquel sa petite amie n’échappe jamais non plus) dont Matthieu, plus passionné qu’il n’en a l’air, s’amourache depuis sa jeunesse.

Il lui arrive de se demander si, finalement, il a bien fait. Si ça valait le coup, de tout laisser derrière lui pour l’amour d’une bonne femme. D’ordinaire, c’est plutôt le contraire qui se produit, et son macho de surface ne manque pas de lui souffler qu’il a abandonné ses couilles le jour où il l’a suivie comme un brave chien fidèle, souvent quand il est en train de composer un bouquet au boulot (il lui fallait du vert, et il a d’abord travaillé à fleurir les ronds-points de la ville avant de fleurir ceux qui la peuplent), en entendant sa patronne proche de la retraite qu’il a un doigté à en faire pâlir une geisha. Alors qu’il pourrait être en train de faire les foins avec sa sœur, à engrosser une brave fille qui déjà lui aurait donné quatre moutards. Il ne sait parfois plus si sa place se trouve auprès de celle qu'il a choisie, ou s’il est après tout trop terrien pour passer au-delà d’une localisation géographique bien réelle. Paris un peu plus chaque jour le rend malade et Matthieu sent qu’il ne sera jamais capable d’y être véritablement heureux.

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